Christine Boisson

Témoignage :
"J'ai découvert un cours excellent, celui que dirige Blanche SALANT. Elle est très rigoureuse. C'est une femme qui a un regard sur les gens, une perspicacité, une espèce de faculté à les cerner très rapidement et à savoir leur parler là ou ils vont comprendre. Elle essaie de trouver les moyens de faire entendre ce qu'elle voit et ce qui manque chez la personne qui est en face d'elle. C'est quelqu'un de très attentif. Elle est essentielle dans ma vie d'actrice." (Interview/Acteurs Auteurs)
"Quand je suis sortie du Conservatoire, j'avais des intuitions, je sentais de temps en temps que j'étais juste, que quelque chose m'habitait, me traversait mais ce n'était que sporadique, je ne savais pas vraiment le contrôler, le provoquer, le reproduire. Après "Extérieur Nuit", je suis allée voir Blanche et elle a été la seule à m'ouvrir la voie, me montrer le chemin vers la maîtrise de mes émotions, vers la compréhension du sous texte, des "actions" qui le sous-tendent, de tout ce petit monde qui n'est pas dans les mots mais nous porte à véhiculer le sens, à leur donner vie. Elle est forte, sans concession, elle vous capte et vous écoute d'une façon aigüe, sans complaisance ni faux affect, mais c'est bien elle qui m'a donné les moyens, qui m'a fait sentir ce qu'est la colonne vertébrale du jeu, c'est à dire son souffle. Souvent je la revois pour préparer un rôle, pour en dénicher les possibles, toujours elle vient me voir au théâtre ou au cinéma, et son conseil, son appréciation me sont extrêmement précieux. Chère Blanche, merci à toi."
Parcours :
La première apparition de Christine Boisson fut assez marquante, elle jouait Marie-Ange, amie d’Emmanuelle dans le succès international sorti en 1974.
Après quelques autres rôles déshabillés, elle décide de passer le concours du Conservatoire de Paris, qu’elle réussit et refuse tout ce qui ne lui convient plus, elle veut prouver qu’elle est une actrice et pas seulement un joli corps.
Pari réussi puisqu’après ses classes, elle joue « La Mouette » de Tchekhov, « Antoine et Cléopâtre » et « Périclès, Prince de Tyr » de Shakespeare.
Le cinéma revient vers elle en 1980 avec « Extérieur Nuit » dans lequel elle joue le personnage de Cora :
"Androgyne et libre, petite sœur de Louise Brooks, de Jeanne Moreau, et de Juliet Berto, avec sa tache dans l’œil qui trouble tant les hommes. Elle électrise le film, lui insuffle un érotisme romantique et trouble qui bouleverse aussi les habitudes de jeu des deux énergumènes qu’elle a en face d’elle (André Dussollier, Gérard Lanvin)", dira Jean-Baptiste Morain dans les Inrockuptibles lors de la ressortie du film début 2010.
Elle enchaînera avec « Identification d’une femme » de Michelangelo Antonioni, « Liberté, la nuit » de Philippe Garrel, « Rue Barbare » de Gilles Béhat, Yves Boisset, Claude Lelouch, Olivier Assayas, Elie Chouraqui, Jane Birkin, « La vérité sur Charlie » de Jonathan Demme ou plus récemment « Le bal des actrices » de Maïwenn ou « Une affaire d’état » d’Eric Valette.
Au théâtre elle a travaillé ave Claude Regy, Roger Planchon, Jérôme Savary, Luc Bondy, au travers de textes de Tchekhov, Shakespeare, Botho Strauss, Racine, Lars Norén, Harold Pinter qui l’a dirigée dans « Ashes to ashes » au théâtre du Rond-Point en 1998.
Après « Extérieur Nuit », elle suit l’enseignement de Blanche Salant chez qui elle a également donné des cours en 2006/2007.

